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 ......... Saint Brieuc, évêque de Saint-Brieuc

Tropaire à saint Brieuc
Bâtisseur de l’Eglise, colonne de l’orthodoxie, nous te magnifions, saint père Brieg, toi que l’Esprit-Saint vint couronner d’une flamme à l’instar des apôtres. Illuminateur du Penthièvre, des moines le modèle, des pasteurs l’ornement, tu fis germer la foi et la piété parmi les infidèles. Par tes prières, fais germer dans nos cœurs une foi sans crainte, une piété sans détours, un amour sans faille pour le salut de nos âmes.

Icône de St Brieuc


Photos

La vie de saint Brieuc

La vie de saint Brieuc ou Brigomalos (du celte « bri », dignité, et « maël », prince) fut rédigée au XIe siècle, puis réécrite au XVe. Il est probable que l’une comme l’autre s’inspirèrent à la fois de la tradition orale et vies d’autres saints, ayant servis de modèles. Cela n’exclue pas une certaine véracité des faits racontés : les saints bretons, comme les pontifes des premiers siècles, sont dans l’ensemble confrontés aux mêmes difficultés. Les miracles qu’ils accomplissent, pour une part symboliques de la victoire sur le mal et sur la mort sont néanmoins dans la tradition évangélique et ne font qu’illustrer les paroles du Christ : « si vous aviez la foi comme un grain de moutarde, vous déplaceriez les montagnes ».

S

elon la tradition, Brieuc naquit en 417, de parents païens. La toponymie a permis d’établir avec une certaine certitude le lieu de sa naissance : non loin d’Aberystwyth, ancien centre culturel du pays de Galles, dans le Cardigan, se trouve le village de Llandyfriog, en breton Landebrieg, le village de Brieuc.

Selon la tradition un ange apparut à la future mère de Brieuc, Eldrud, et lui annonça la naissance prochaine d’un fils, exigeant d’elle et de son mari qu’ils renoncent au paganisme. La vision s’étant répétée, les parents renoncèrent à leurs traditions, sans pour autant adhérer à la foi chrétienne. A cette époque l’hérésie pélagienne sévissait dans l’île, enseignant la supériorité de la liberté humaine sur la grâce divine, remettant par la même en cause le sens du salut chrétien. Le pape Célestin envoya combattre l’hérésie le grand évêque Germain d’Auxerre, auquel s’associa saint Loup de Troyes, ancien moine de Lérins. La Grande-Bretagne leur est vraisemblablement redevable de l’expansion du monachisme. Lors du court séjour des deux évêques, l’ange apparut de nouveau en songe à Eldrud, lui enjoignant de confier son fils à Germain. Il est probable que le jeune homme, convertit par le saint évêque résolut simplement de le suivre. Germain d’Auxerre (1), selon la tradition fut ainsi son maître spirituel et intellectuel à partir de 429. Ordonné prêtre, Brieuc regagna son pays natal. Il fut accueillit avec joie par sa famille, qui organisa un banquet en son honneur, n’accordant aucune attention aux exhortations de Brieuc qui enjoignait ses parents de recevoir le baptême. Au cours du banquet qui dégénérait en orgie, l’un des convives se brisa la jambe et fut immédiatement guéri par saint Brieuc. Frappée, l’assistance demanda à recevoir le baptême et Brieuc les y prépara. Il demeura une quinzaine d’années dans son pays, s’employant à la conversion des foules.

L

es invasions saxonnes obligèrent néanmoins le saint à s’embarquer pour l’Armorique. Une nuit de Pentecôte, raconte dom Lobineau d’après la Vita Briocii, « s’étant légèrement endormi après avoir passé la nuit en prière et chanté avec la communauté les Matines du jour, il vit un Ange qui lui commanda d’aller incessamment dans l’Armorique, où Dieu l’envoyait pour le salut d’un grand nombre ». Brieuc s’embarqua alors avec 160 disciples et accosta à l’Aber-Wrac’h. Ils gagnèrent l’embouchure du Jaudy et y établirent un monastère. Brieuc retourna quelques temps en Pays de Galles, afin, dit-on d’y sauver son pays d’une épidémie de peste. Revenu en Armorique, il prit avec lui 80 disciples et s’en fut longeant la côte, avant d’accoster à l’embouchure du Gouet. Le comte Riwall ordonna d’abord de les chasser mais frappé par la maladie il fait appelle aux moines et reconnaît un cousin dans Brieuc. Il lui donna alors un lieu où établir son monastère et selon une très ancienne tradition, la cathédrale actuelle se trouverait à l’emplacement même de la première église abbatiale.

Les moines s’emploient alors à défricher aussi bien les forêts alentours que les âmes et Brieuc devient bientôt célèbre pour sa générosité et sa sainteté.

O

n représente souvent Brieuc en compagnie de loups, en mémoire d’un miracle particulièrement populaire : « Un soir, Brieuc revenait d’une dépendance éloignée de son monastère. Assis dans son chariot, il chantait des psaumes ; les moines marchaient devant lui, entonnant les antiennes. Le soir tombait. Tout à coup, les moines se turent, puis se dispersèrent en fuyant avec épouvante ; à leur place le vénérable abbé vit se dresser, se former en cercle autour de lui une bande de loups menaçants, prêts à se ruer sur les bœufs attelés au chariot. Le saint, impassible leva la main ; les loups tombèrent et se prosternèrent devant lui comme pour demander grâce. Mais quand les moines, remis de leur panique voulurent pour rejoindre leur maître franchir la ligne formée par les fauves, ceux-ci leur refusèrent le passage et les tinrent en respect ». Au matin, passèrent une troupe d’émigrants. Leur chef Conan s’arrêta afin d’admirer le prodige et, y voyant un signe du ciel réclama pour lui et ses hommes le baptême. Brieuc ordonna aux loups de s’éloigner et prescrivit à ses catéchumènes un jeûne de sept jours, pendant lesquels il les instruisit. Le 8e, il les baptisa.

Brieuc fut sans doute ordonné évêque selon la coutume celtique, sans recevoir l’administration d’un diocèse déterminé, mais ayant la responsabilité des âmes sur les terres dépendant du monastère. La chronique raconte qu’au cours de l’ordination épiscopale, une colonne de feu vint se poser sur son front et nombre de représentations le figurent ainsi.

Averti de la date de sa mort, le saint évêque ordonna à ses moines de jeûner et prier six jours tandis qu’il se préparait à la mort. Saint Brieuc rendit son âme à Dieu, en 502 (2).

Lors des invasions vikings, ses reliques furent transportées à la cathédrale Saint-Serge d’Angers. Elles furent rapportées à Saint-Brieuc en 1210, où elles se trouvent toujours. Une parcelle des reliques gardée à l’église Saint-Jacques du Haut-Pas a été donnée en même temps que les reliques de 16 autres saints à l’abbaye de Boquen. Très honoré pour sa générosité, Brieuc, protecteur de la corporation des fabricants de porte-monnaies est souvent représenté avec trois bourses.

D

e même que le diocèse de Tréguier, l’évêché de Saint-Brieuc n’existe en temps que tel que depuis la fin du 9e siècle (3). Depuis, et jusqu’à la Révolution, la Bretagne, élargie à la région nantaise compta neuf diocèses, Nantes, Rennes et Vannes, les premiers évêchés gallo-romains, Dol, Quimper, Saint-Pol, Saint-Brieuc et Alet, devenu Saint-Malo au XIIe siècle. Abbé-évêque selon la tradition celtique, Brieuc n’a donc pas fondé un diocèse dans la pleine acception de cette expression. Par son travail d’évangélisation, la fondation des monastères et le souvenir qu’il a laissé, il mérite cependant d’être compté parmi les évêques fondateurs de Bretagne.

Saint Brieuc est fêté le premier mai.

Claire Jounievy

 
(1) Selon d’autres sources, Brieuc aurait été disciple non de Germain d’Auxerre, mais de Germain de Paris, ce qui correspondrait mieux à la chronologie souvent indiquée, faisant naître Brieuc en 517. Brieuc aurait été ordonné en 549. Cette version est cependant moins répandue.
(2) Les partisans de la chronologie tardive disent en 614.
(3) En 866 le diocèse n’existait pas encore: une lettre du pape Nicolas à l’évêque Faustien ne mentionne que 7 diocèses bretons, omettant Tréguier et Saint-Brieuc.


1. Albert le Grand, Les Vies des saints de Bretagne Armorique, 1636.
2. Dom Guy-Alexis Lobineau, Vies des saints de Bretagne. Rennes, 1725.
3. Acta Sanctorum, t.I maii, p. 92.
4. Arthur Le Moyne de la Borderie, Histoire de Bretagne, 1896.
5. DHGE, T.10, col. 712-713.
6. Joseph Chardronnet, Le livre d'or des saints de Bretagne. Coop Breizh, 1995, p. 40-43.
7. Maxime Le Diraison, feuillet de la fraternité orthodoxe Sainte Anne No.2.









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