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 ......... Saint Pol Aurélien, évêque de Léon

Tropaire à saint Pol Aurélien
Apôtre des Bretons et vrai disciple du Christ, tu as répandu la parole de ton Maître à l’occident du monde. Infatigable combattant, tu as lutté vaillamment sur l’île contre les assauts des ennemis et vaincu le funeste dragon. Modèle de sainteté parmi les pontifes, nous te vénérons comme le premier pasteur du Léon, bienheureux Pol Aurélien notre père, prie le Christ notre Dieu pour qu’Il sauve nos âmes.

Icône de St Pol Aurélien


Photos

La vie de saint Pol Aurélien

Après saint Samson, saint Paul Aurélien (492-572) est sans doute l’évêque fondateur le plus connu et le plus populaire en Bretagne. Sa vie, étroitement mêlée à la légende a été rédigée dès 884 par un moine de Landévennec nommé Wrmonoc. Le manuscrit est toujours conservé à la Bibliothèque Nationale.

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é dans le Clamorgan (Galles du sud) vers 492, Paul était le fils de Parphius allié aux familles nobles du Pays de Galles. Son père souhaitait pour lui le métier des armes, mais l’enfant refuse et est envoyé à l’école monastique d’Iltud, où il connut sans doute Samson et Gildas. La légende qui entoure la vie des saints bretons des premiers siècles relate nombre de miracles, attribués à la sainteté du jeune Paul : la mer menaçant de gagner le monastère, le saint trace aux flots une limite à ne pas franchir. Obéissant, ceux-ci se retirent en deçà, découvrant des bandes de terre qui deviendront de plantureux polders. Un autre jour, Paul rassemble dans une grange les oiseaux qui détruisaient les cultures.

Sa vie toute ascétique, faite de prière, d’étude et de jeûne pousse saint Iltud à accepter la demande du jeune homme, qui le prie de lui laisser goûter la vie érémitique. Il se retire alors dans une île. A l’âge d’environ 22 ans, Paul Aurélien est ordonné prêtre par l’évêque Dubrice, et se retire à nouveau dans les solitudes avec quelques moines.

Le départ de Paul pour l’Armorique est sans doute dû à la volonté d’évangéliser des contrées encore païennes. La Vie donne toutefois quelques précisions : le roi Marc (héros de la légende de Tristan et Yseult), qui avait reçu le baptême à la prière et grâce aux efforts de Paul, lui propose un évêché. Troublé, désireux de fuir les honneurs, celui-ci prépare son départ. Avant l’embarquement, il rend toutefois visite à sa sœur Sicofolla, abbesse d’un monastère bâti en bord de mer. Il y renouvelle le miracle d’une digue protectrice en changeant en rochers les petits cailloux du chemin. Toujours visible, l’allée est appelée « chemin de saint Paul »…

Paul s’embarque alors pour l’Armorique ; il accoste d’abord à l’île d’Ouessant, puis à Melon. Les étapes de son parcours sont jalonnées de fondations de paroisses ou de monastères et sont encore lisibles dans la topographie du nord de la Bretagne : Lampaul, Lampaul-Ploudalmézeau, Lampaul-Plouarzel, Prat Paol…

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’arrivée de Paul et ses compagnons dans la cité presque déserte d’Occismor est souvent représentée sur les vitraux ou les images des églises bretonnes (cathédrales de Quimper et de Saint-Pol-de-Léon, par exemple) : il ne s’y trouve plus qu’une fontaine, au milieu de la ville fortifiée et pour seuls habitants une laie et ses marcassins, ainsi que quelques autres bêtes sauvages… Il est probable néanmoins qu’il s’agisse là d’une exagération légendaire. Paul reconnaît que l’endroit est idéal pour la construction d’un monastère et se rend à l’île de Batz où vit le comte Wirthur, son cousin, et chef de la ville d’Occismor. Ici se place un épisode souvent relaté et repris dans l’iconographie de Paul Aurélien. Au cours du repas, on amène un beau poisson. L’ayant partagé, les convives ont la surprise d’y découvrir une cloche. Paul, la reconnaissant explique alors qu’avant de quitter le roi Marc, il avait demandé à celui-ci en souvenir l’une des sept cloches qu’il possédait, qui chasserait les esprits malfaisants ou l’avertirait de leur approche. Le roi avait refusé, mais voici que la cloche lui est néanmoins apportée par le Seigneur… « Hir Glaz », clochette de cuivre rouge mêlé d’argent, battue au marteau, est toujours conservée à la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon, exposée à gauche de l’autel où sont conservées les reliques du saint. On lui attribue le pouvoir de calmer les migraines et de guérir de la surdité : le malade doit passer la tête sous la cloche, que l’on agite. Six autres cloches semblables, de même provenance sont conservées en divers endroits d’Europe.

Un second événement est attaché au passage de Paul dans l’île de Batz : l’île était alors désolée par un dragon. Paul lui entoure le cou de son étole et en débarrasse l’île en le jetant à l’eau. Faits réels – le dragon peut être un serpent de grande taille – ou symbole de la victoire de l’Evangile sur le mal et les éléments, les dragons domptés ou chassés sont légions dans l'hagiographie bretonne…

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aul fonde ensuite un monastère à Batz, puis un second à Occismor, aussi appelé Kastell (forteresse). En 530, Wirthur envoie Paul au roi Childebert, qui le convainc d’accepter l’épiscopat et le fait ordonner à Paris par trois évêques. Paul se consacre dès lors à l’évangélisation du diocèse, le sillonne personnellement, fonde quantité de monastères et de paroisses. Le souvenir de son activité s’est très longtemps conservé dans le Léon, où le saint reste très vénéré. Ayant laissé un temps son diocèse pour se retirer à l’île de Batz, Paul voit les successeurs qu’il avait désigné mourir les uns après les autres. Y voyant un signe, il reprend la direction tout en menant dans son monastère une vie austère de pénitence.

Paul Aurélien mourut le 12 mars 572, et, à sa demande fut inhumé dans sa cathédrale.

Ses reliques subirent le même sort que celles des autres saints bretons : emportées en 954 au monastère de Fleury-sur-Loire, où elles furent très vénérées, elles ont été détruites par les calvinistes au XVIe siècle. L’os d’un bras, un doigt et une partie du chef avaient néanmoins été conservés et sont vénérés dans la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. On y montre également, en bas du maître-autel l’emplacement du tombeau de saint Paul, recouvert d’une dalle de marbre noir gravé, sous laquelle une partie des reliques ont été transférées en grande pompe en 1897. Saint Paul Aurélien est souvent représenté avec une clochette ou un dragon à ses pieds. On le voit encore avec une cruche et un pain, symboles de son ascétisme. L’eau fait également partie de ses attributs, qu’il chassa ou fit sourdre en maintes circonstances.

L

a cathédrale actuelle, dont la construction s’échelonna du XIIIe au XVIe siècle a été bâtie sur la structure de la cathédrale romane antérieure, elle-même construite à l’emplacement des premières églises successives. On y montre les remarquables soixante-six stalles du XVIe siècle, sculptées en chêne et dont les motifs sont tous différents. Les lépreux avaient accès à l’église par une petite porte que l’on montre encore sous le nom de « porte des cacous ». La cathédrale fut longtemps nécropole et son pavé est semé de dalles funéraires. On conserve également des « boîtes à crânes » de différentes époques.

Le diocèse de Saint-Pol-de-Léon exista jusqu’à la Révolution. Avec la loi du 12 juillet 1790 qui faisait coïncider départements et diocèses, il dut fusionner avec celui de Quimper. Le Léon, comme le Morbihan, se distingua néanmoins tout au long de son histoire par une ferveur particulière et c’est de lui que sont issus le plus grand nombre de prêtres réfractaires pendant la Révolution et de missionnaires.

Saint Pol Aurélien est fêté le 12 mars.

Claire Jounievy




1. Mgr Paul Guérin, Les Petits Bollandistes, vies des saints. Paris : Blond et Banal, 1876. T.3 P. 357-360.
2. Dom Guy-Alexis Lobineau, Les Vies des saints de Bretagne… Rennes, 1725.
3. Pol Aubert, La Légende dorée de saint Pol Aurélien. Brest, 1947.
4. P. Joseph Chardronnet, Le livre d'or des saints de Bretagne. Coop Breizh, 1995, p. 197-202.









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