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 ......... Saint Samson, évêque de Dol

Tropaire à saint Samson
Athlète de la grâce et maître de tempérance, tu as illuminé les îles par ta vertu, tel un phare spirituel. Imitateur des apôtres, tu as répandu la semence de la connaissance du Dieu trine. Saint pontife Samson, prie le pour qu'Il accorde à nos âmes le salut.

Icône de St Samson


Photos

La vie de saint Samson
S

amson est l’un des premiers saints de l’émigration bretonne, celui aussi qui eut et conserve le plus de rayonnement. Il est fêté le 28 juillet. A la différence des autres saints fondateurs de Bretagne, il nous est relativement bien connu et sa chronologie est établie avec une certaine précision. Sa participation au IIIe Concile de Paris en 557 est un fait historique. La Vie de saint Samson fut rédigée très tôt et se basant sur les traductions de l’Ecriture Sainte utilisée par l’auteur, certains historiens la date des premières années du VIIe siècle, d’autres du VIIIe siècle.

Selon toute vraisemblance, saint Samson naquit en 486, dans le Sud-ouest du pays de Galles. Ses parents étaient déjà chrétiens et l’enfant fut baptisé. Il fut confié dès son plus jeune âge au monastère de l’abbé Iltud. Il y connu les futurs saints Pol Aurélien, saint Gildas, certains disent également saint Brieuc, élément que l’on retiendra avec prudence compte tenu des incertitudes entourant la vie du fondateur de Saint-Brieuc.

Sous la conduite de ses maîtres, le jeune Samson montre vite de vraies dispositions à l’étude de la philosophie, de la théologie et des sciences. Il se distingue surtout par une vie spirituelle très riche. La Vie raconte les nombreux miracles qui illustrent les premières années de saint Samson : un jour, ne pouvant trouver la solution à quelque difficile exercice, il se mit en prière et jeûna plusieurs jours. La troisième nuit, dit le texte, alors qu’il était en oraison, la chambre s’emplit de lumière et une voix vint lui promettre que non seulement il recevrait l’éclaircissement demandé, mais que désormais, tout ce qu’il demanderait serait exaucé. Une autre fois, Samson guérit par ses prières un enfant mordu par un serpent. Il chassa encore d’un champ les corneilles qui mangeaient le grain semé ; plus tard il écarta définitivement les oies sauvages qui par leurs cris troublaient la prière des moines.

P

arvenu à l’âge adulte, Samson prend l’habit monastique et là encore se distingue par ses austérités. Il est bientôt ordonné diacre par l’évêque de Caërlon, saint Dubrice (418-522 ?) disciple, dit-on, de saint Germain d’Auxerre, ce qui cadre mal avec la chronologie. La cérémonie est marquée par l’apparition d’une colombe, au moment où le saint évêque imposait les mains à Samson. Le miracle se renouvellera deux ans plus tard lors de l’ordination à la prêtrise. Selon la Vie, ses vertus lui attirent l’inimitié de deux moines, qui tentent de l’empoisonner. Le poison reste sans effet sur le saint, qui par sa douceur gagne l’un des deux frères. Alors que Samson officiait en temps que diacre, le démon s’empara du second et le tourmenta si bien qu’il confessa le crime commun. Samson le délivra alors et à la demande de l’abbé, il exercera désormais l’office d’exorciste.

Devenu prêtre, Samson quitte le monastère d’Iltud pour mener une vie plus austère auprès de l’abbé Piron en l’île de Caldey. Appelé auprès de son père mourant, Samson le guérit et le confesse d’un lourd péché, après quoi il décide toute sa famille à embrasser l’état monastique et regagne Caldey, où il succède bientôt à Piron. Il se rend ensuite en Irlande avec la bénédiction de son évêque afin d’y parfaire ses connaissances en théologie et Ecriture Sainte. Ayant placé son oncle à la tête d’un monastère irlandais, il se résout à l’état érémitique et s’installe dans une grotte de Cornouaille avec quelques disciples, n’en sortant que pour célébrer la liturgie. Sa retraite découverte, il est appelé par l’évêque du lieu à prêcher au cours du synode qui se tenait à quelques lieux de là. En 521, saint Dubrice devait procéder à des ordinations épiscopales. La coutume celte voulait que l’ordination soit toujours conférée par trois évêques et que le nouvel évêque soit assisté de deux vicaires. La veille du 22 février, fête de la chaire de saint Pierre, jour où devaient avoir lieu les ordinations, Samson vit en songe trois prélats l’invitant à les rejoindre. Le saint reconnut en eux Pierre, Jacques et Jean, venus, disait le rêve, l’ordonner évêque. Saint Dubrice de son côté reçut en songe l’ordre d’ordonner Samson évêque auxiliaire. Une fois encore se renouvela le miracle de la colombe, et tandis que le nouvel évêque célébrait la liturgie, il fut soudain enveloppé de flammes.

S

amson mena consciencieusement son ministère, jusqu’à ce qu’un ordre du Seigneur ne le conduise en Armorique, où il accosta en 548 avec ses frères, dont le futur saint Magloire, son parent et proche disciple. A son arrivée, Samson rencontre un seigneur nommé Privatus, qui semblait très affligé. Interrogé, l’homme expliqua que sa femme et sa fille étaient à l’article de la mort et supplia le saint de les guérir. Samson répondit qu’il n’était pas venu opérer des miracles mais convertir les âmes à Dieu. Rentré chez lui, Privatus trouva sa femme et sa fille bien portantes et en signe de gratitude offrit à Samson des terres sur le site de la ville de Dol.

Le ministère de Samson s’étend rapidement bien au-delà du monastère qu’il fonde à Dol et le saint prend même part à la vie politique de la Bretagne Armorique. Vers 554, il est chargé par les seigneurs du pays d’intercéder auprès du roi franc Childebert en faveur de l’héritier légitime de la Domnonée. Samson remplit sa mission avec succès et le roi lui fit don de plusieurs terres en Normandie, où le saint bâtit un monastère. Selon la tradition, il aurait séjourné quelques temps auprès de saint Germain de Paris. C’est à cette époque, que selon la tradition Samson fut nommé évêque diocésain de Dol. Il aurait reçut du Pape Pélage la dignité de métropolitain. Ce fait reste mal éclairci, mêlé à la politique des princes de Bretagne, il entretint la querelle entre les archevêques de Tours et l’évêque de Dol et servit avant tout les intérêts de la province. Il semble qu’il faille considérer ces précisions comme venant après coup, afin de justifier les prétentions au pallium des évêques de Dol et de servir à l’édification d’une Bretagne indépendante.

En 557, Samson est appelé à siéger au troisième Concile de Paris et signe les Actes : « Samson, pécheur, j’ai signé ». Sur la route du retour, Samson fonde encore un monastère. Il restera à Dol jusqu’à sa fin, le 28 juillet 565, ayant désigné en saint Magloire son successeur.

Samson fut enterré en grandes pompes dans sa cathédrale, en présence, dit-on de plusieurs évêques.

A

utour du monastère se forma bientôt une ville épiscopale, parfois appelée civitas, bien qu’elle soit d’origine celtique et ne puisse prétendre à ce titre. L’histoire de l’épiscopat dolois est très liée à la lutte pour le titre métropolitain, qui se prolongea jusqu’au XIIIe siècle. Jusqu’au XIe, Dol conserva en effet des diocèses suffragants, qui se détachèrent peu à peu. De ses prétentions et de son rôle effectif de métropolie, Dol conserva jusqu’à la suppression de l’évêché à la Révolution une dignité honorifique et les armes des évêques portaient les distinctions archiépiscopales. Le diocèse demeura longtemps prospère, les dégâts causés par les guerres successives ne lui nuirent pas outre mesure et la cathédrale incendiée par les routiers de Jean Sans Terre fut reconstruite au XIIIe siècle. C’est un imposant édifice de granit, de style anglais, sévère, frappant par son absence d’ornements. L’église est dédiée à saint Samson et saint Magloire, dont les vitraux relatent la vie et les miracles.

Petit, le diocèse de Dol avait une géographie compliquée : politiquement, il dépendait dans sa partie orientale des rois francs, dans sa partie occidentale de la Domnonée. Il comprenait un peu moins de 100 paroisses, disséminées entre les actuels diocèses de Rennes, Saint-Brieuc, Avranches. De Dol dépendait un certain nombre de paroisses situées dès l’origine sur le territoire d’autres diocèses, souvenirs de fondations attribuées à saint Samson et ses disciples, de colonies monastiques, résultat aussi du système féodal.

Samson est habituellement représenté une colombe planant au-dessus de sa tête ou bien chassant un serpent.

L

e culte de saint Samson se répandit immédiatement. Son nom est cité dans les litanies anglaises du VIIe siècle. Samson est vénéré bien au-delà des limites de la Bretagne et l’on trouve des traces de son culte en Suisse et en Italie. A l’époque des invasions normandes, son corps fut transporté avec les autres saints bretons par l’évêque du siège d’Aleth. Une partie des ossements demeura à l’église Saint-Magloire, puis à Saint-Jacques du Haut-Pas, d’où elle fut remise à l’abbaye de Boquen en 1954. Une autre partie revint à Dol et fut transférée solennellement dans une châsse neuve en le 24 décembre 1579. Elles furent partiellement détruites à la Révolution. Les reliques sauvées des révolutionnaires ont été volées il y a quelques années. L’église cathédrale de Dol garde aussi précieusement un sarcophage que l’on dit être celui de saint Samson. La ville d’Orléans possédait aussi des reliques. Elles sont perdues depuis les guerres de religion, sans qu’on sache si elles ont été brûlées par les protestants ou simplement trop bien cachées. Enfin quelques reliques se trouvent depuis 1919 à l’abbaye de Caldey.

Claire Jounievy










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